Dieu, un ami ?

 Il y a peu, les médias nous ont communiqué des statistiques assez inquiétantes sur la solitude. D’après elles, le nombre des personnes se déclarant souffrir de la solitude est en augmentation. Ce phénomène touche en particulier beaucoup les jeunes de moins de 25 ans. N’est-il pas paradoxal qu’à l’époque où des moyens de communication et de partage de plus en plus sophistiqués sont mis à la disposition du grand public (internet, réseaux sociaux, etc.), le problème de la solitude touche tant de personnes ?

Nous avons besoin d’échange et de partage, de relations où nous sommes en confiance. Nous souhaitons partager avec des personnes que nous apprécions et qui nous apprécient en retour. Nous voulons pouvoir parler de choses personnelles et importantes à des personnes qui nous écoutent sans nous juger systématiquement ou cherchent à avoir l’ascendant sur nous. Dans les difficultés et le malheur, nous aimerions par-dessus tout pouvoir compter sur elles. En bref, nous avons besoin d’amitié.

La Bible accorde une grande importance à l’amitié. Par exemple, dans le livre des Proverbes de l’Ancien Testament, nous trouvons les proverbes suivants :

« Un ami aime en tout temps et, quand survient l’adversité, il se révèle un frère. » Proverbes 17.17, Bible Semeur

« Celui qui a beaucoup de compagnons les a pour son malheur, mais un véritable ami est plus attaché qu’un frère. » Pv 18.24, Bible Semeur

« L’huile odorante et les parfums mettent le cœur en joie, mais la douceur de l’amitié réconforte le cœur. » Pv 27.9, Bible Semeur

Si l’amitié est importante dans la Bible, elle l’est donc pour Dieu. N’est-il pas frappant de constater qu’Abraham, le père des croyants est appelé ami de Dieu dans l’Ancien et le Nouveau Testament ?

L’idée même qu’un homme puisse être ami de Dieu peut paraître incongrue ou saugrenue à certains. Les gens ont une image de Dieu qui varie entre l’austérité et la sévérité d’un côté (Dieu père fouettard) et la bonté molle d’un autre (le bon vieux papa chamallow). Dans le premier cas, on a tendance à penser que l’amitié de Dieu doit se gagner à grand renfort d’œuvres bonnes et de pratiques religieuses. Dans le second, même Hitler, Staline et Mussolini avaient leur chance.

Mais qu’en est-il au juste ? Le cas d’Abraham nous éclaire sur ce point. Nous lisons dans l’épître de Jacques du Nouveau Testament : 

« Ainsi s’accomplit ce que l’Ecriture déclare à son sujet : Abraham a eu confiance en Dieu, et Dieu, en portant sa foi à son crédit, l’a déclaré juste, et il l’a appelé son ami. » (Jacques 2:23, Bible Semeur)

Ce verset fait référence au récit de la vie d’Abraham dans le livre de le Genèse. Nous y apprenons que, petit à petit, Abraham a compris que Dieu l’aimait et qu’il l’acceptait sur la base de sa foi. Cette foi se manifestait par la confiance envers Dieu et l’obéissance à ses exigences. Abraham recherchait Dieu dans la prière. Il a connu le doute, a commis des erreurs, mais il a bénéficié de la présence de Dieu, de sa protection et de son conseil. Ainsi il a pu attendre patiemment que les promesses de Dieu s’accomplissent dans sa vie.

Dieu a éprouvé l’amour d’Abraham en lui réclamant Isaac, le fils unique promis par Dieu, qu’il avait eu miraculeusement de sa femme stérile Sara après 25 ans d’attente. Et Abraham a réussi ce test suprême et a ainsi confirmé son amour pour Dieu. (Genèse 22)

Jésus a eu beaucoup d’amis dans sa vie, entre autres Marthe, Marie et leur frère Lazare, qu’il a ressuscité des morts. Il a dit à ses disciples :

« Voici quel est mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme moi-même je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce qu’un serviteur n’est pas mis au courant des affaires de son maître. Je vous appelle mes amis, parce que je vous ai fait part de tout ce que j’ai appris de mon Père. » (Évangile de Jean 15.12-15, Bible Semeur)

Comme pour Abraham, on voit que les amis de Jésus ont une relation avec lui basée sur la foi dans son amour (Jésus a donné sa vie pour nous sauver), l’amour envers lui en retour, l’amour envers les autres, l’obéissance (faire ce qui lui est agréable) et l’intimité (comprendre et partager ce qu’il nous dit).

C’est ce genre de relations que Dieu souhaite avoir avec nous. L’amitié de Dieu et de Jésus-Christ nous est proposée mais pas imposée. Jésus ne recherche pas des serviteurs mais des amis. J’ai eu l’immense privilège d’accepter son amitié et d’en jouir depuis plus de 25 ans. Je peux dire aujourd’hui que Dieu a été bien plus fidèle envers moi que je ne l’ai été envers lui. Mon plus grand désir est d’apprendre à l’aimer lui ainsi que mon prochain comme il m’aime.

D. B.

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